Avouons-le : si le ridicule ne tue pas, il piétine sauvagement notre égo. Il égratigne notre fierté, notre image de nous-mêmes. Parfois, il nous met K.-O. pendant des jours, voire des semaines.
On ressasse, on rejoue la scène en boucle, on s’imagine figé à jamais dans le souvenir amusé des autres, comme une scène culte dont on aurait préféré ne pas être le ou la protagoniste.
Mais bonne nouvelle : Il existe une arme absolue pour neutraliser la honte, métamorphoser un naufrage en exploit glorieux et réécrire votre propre légende avec panache.
Et cette solution, c’est l’autodérision. Simple, me direz-vous ? Pas tellement. Surtout quand on lutte contre ses propres émotions, tentant désespérément de repêcher son ego avant qu’il ne coule dans les eaux troubles de l’humiliation.
Petit florilège de moments de solitude
🔹 Cas #1 : Le crash en pleine réunion
Vous avez préparé une présentation, mais la prise de parole en public, ce n’est pas votre truc. Vous bafouillez, votre voix tremble un peu.
À la fin, un collègue vous lâche avec un sourire en coin :
- Franchement, je trouve ça génial d’avoir le courage de présenter un truc comme ça… et de l’assumer à 100 %. Vraiment, respect. »
🔹 Cas #2 : L’accident en pleine allée de supermarché
Vous tentez d’attraper un paquet de pâtes perché beaucoup trop haut. Malheureusement, un pot de sauce tomate a explosé plus tôt sur le sol.
Zip zip zip… PAF ! Vous glissez et vous vous étalez magistralement devant un public de consommateurs interloqués. Un client n’a pas de meilleure idée que d’applaudir.
🔹 Cas #3 : Le grand naufrage de l’entretien
Vous êtes en pleine discussion avec l’assemblée impassible qui décide de votre avenir, mesurant chaque mot… quand soudain, votre estomac décide de prendre la parole à votre place. Un bruit gênant s’échappe – un gargouillement incontrôlé, un hoquet malvenu, une voix venue du plus profond de vos entrailles.
Silence. Les recruteurs échangent un regard. Puis l’un d’eux lâche, pince-sans-rire :
- Intéressant. Et vous maitrisez d’autres langues ?
💀 Fin de partie.💀
Le vrai problème, ce n’est pas le ridicule… c’est votre cerveau.
Soyons clairs : personne ne va se souvenir de votre fail autant que vous.
Vous, vous voyez une catastrophe. Les autres ? Un petit moment drôle qu’ils oublieront dans trois minutes (sauf s’il y a une vidéo… là, c’est autre chose).
Alors, au lieu de vous torturer, prenez les commandes de la situation.

Trois règles d’or pour survivre au ridicule
✔ L’assumer – Et vous coupez l'herbe sous le pied aux sarcasmes.
✔ En rire – Le premier à en rire en devient le metteur en scène.
✔ L’afficher – Parce qu’un échec revendiqué devient une anecdote savoureuse.
(Un peu à l’image d’un célèbre cornichon qui a exposé la photo de sa déchéance dans son bureau ovale. Je ne le cite pas en exemple à suivre, c’est juste pour illustrer.)
Afin de sortir du trou de la honte, voici des exemples de ce que vous pourriez répondre lors des trois situations ci-dessus :
🔹 Cas #1 : Un collègue démonte votre présentation
- Ah, merci pour ton analyse ! J’avais peur que ce soit trop clair, mais heureusement, il reste du mystère. (Petit sourire satisfait, comme si c’était intentionnel.)
🔹 Cas #2 : Vous venez de vous vautrer en public
- Voilà pourquoi on ne me confie pas les missions nécessitant de la coordination. (Se relever avec prestance, saluer l'assemblée et faire mine de repartir dignement, comme si de rien n'était.)
🔹 Cas #3 : Vous lâchez un rot en entretien d’embauche
- Absolument. Je suis parfaitement bilingue en langage corporel, et visiblement, mon estomac tenait à se présenter aussi. (Petit sourire, comme si c’était totalement maitrisé.)
L’autodérision : une arme absolue
Le principe est simple :
1. Dites OUI. Oui, vous êtes nul, moche, bête, etc. Ne niez pas, n'expliquez pas, confirmez.
2. Aggravez la situation. "Et en plus, c'est bien pire que ce que tu imagines".
3. Exagérez. Si le coeur vous en dit, vous pouvez frapper tellement fort que vous allez mettre mal à l’aise ceux et celles qui se sont moqués de vous. C'est ce qu'on appelle l'autodérision trash.
Exemples :
🔸 Un collègue : "Oh, tu rougis !"
✔ Autodérision soft : "Oui, et encore… Attends cinq minutes, je vais commencer à bégayer et hyperventiler, tu vas adorer."
✔ Autodérision trash : "C’est parce que je viens de t’imaginer tout nu." (À manier avec prudence ! 😆)
🔸 Un ami : "Ce serait bien si tu allais chez le coiffeur."
✔ Autodérision soft : "C’est mon look de sorcière, j’y tiens."
✔ Autodérision trash : "Depuis ma maladie, j’ai du mal à les coiffer." (Instant malaise assuré.)
🔸 Votre patron vous parle comme à un enfant : "La souris, c’est le petit objet que tu bouges sur la table."
✔ Autodérision soft : "Ah, je savais bien que cette formation en informatique pour les nuls finirait par payer !"
✔ Autodérision trash : "Merci pour cette précision, chef ! J’allais essayer avec une banane, mais vous m’évitez une belle erreur."
Moralité : Faites de l’autodérision votre alliée, et la vie s’allègera d’elle-même.
Une personne qui rit d’elle-même ne laisse plus aux autres le pouvoir de la faire tomber. Au contraire, elle joue avec le ridicule, le tourne à son avantage et avance plus libre, affranchie du poids du regard d’autrui.
🔸 Maitriser l’autodérision, c’est s’offrir le luxe de ne plus redouter l’embarras. Et dans un monde où tout le monde cherche à sauver la face, celles et ceux qui savent en rire ont toujours une longueur d’avance.
Vous l'avez compris : entrainez-vous de temps en temps avec votre jeu Takattak et venez vous entrainer ici. 😏
Geneviève
Comment ne pas être tué par le ridicule ?